Actualités

Soigner l’endométriose : un enjeu de santé publique

le 09/04/2024

À l’occasion de la Journée mondiale contre l’endométriose qui a lieu le 28 mars, le Dr Karima Nessah-Bousquet, chirurgien gynécologue au sein de l’Hôpital privé Jean Mermoz (Ramsay Santé), situé à Lyon (Rhône-Alpes), revient sur l’importance du diagnostic précoce, et sur les différentes prises en charge existantes pour soigner cette maladie complexe.

Touchant près de 10 % des femmes dans le monde, dont 3 millions en France, l’endométriose est une maladie inflammatoire chronique de plus en plus répandue. Elle se caractérise par la présence de tissu endométrial à l’extérieur de l’utérus et peut provoquer des douleurs pelviennes aiguës qui surviennent lors des périodes menstruelles et pendant les rapports sexuels, pouvant être accompagnées de symptômes urinaires invalidants, de troubles intestinaux, et parfois même d’un problème d’infertilité primaire dû à une inflammation de la cavité pelvienne.

« L’endométriose est une maladie complexe, dont le diagnostic peut être difficile à établir. Dans le cas d’endométrioses sévères, il est possible que les femmes ne ressentent que peu de symptômes, voire aucun symptôme particulier, et la découvrent lors d’une intervention ou d’un problème aux reins par exemple. Pour les endométrioses moins sévères, les douleurs peuvent être au contraire très fortes chez certaines patientes. Les symptômes sont donc multiples et l’essentiel est de savoir les écouter et les accompagner pour établir la meilleure stratégie diagnostique et thérapeutique pour elles » explique la spécialiste.

Une prise en charge globale et adaptée à chaque patiente

Dans ce contexte de possible retard diagnostic, une prise en charge globale et personnalisée est indispensable. Aujourd’hui, il existe une nette amélioration de la prise en charge thérapeutique et chirurgicale de l’endométriose. Moins lourde, et plus adaptée, elle propose différentes options en fonction du dossier médical et du ressenti de chaque patiente pour calmer la douleur et éviter que la maladie ne se répande davantage :

  • L’administration d’une contraception orale (hormonothérapie) pour bloquer les règles et réduire la douleur, voire le choix de la ménopause artificielle transitoire pour empêcher l’évolution de la maladie vers d’autres organes ;
  • Une prise en charge paramédicale (kinésithérapie, rééducation périnéale, ostéopathie, auto-hypnose, sophrologie, yoga…) en faveur d’une meilleure qualité de vie ;
  • Une prise en charge psychologique (plus rare) en cas de traumatismes vécus et identifiés lors de précédentes consultations ;
  • La chirurgie dans les cas d’endométriose sévère (stade 3 et 4) pour retirer les nodules dans la cavité abdominale et parfois quelques parties d’organes lourdement touchés ;
  • En cours d’étude, le traitement chirurgical mini invasif de l’endométriose rectale par les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU).

Un accompagnement multidisciplinaire d’excellence

Afin de définir la prise en charge la plus adaptée en fonction des patientes, l’Hôpital privé Jean Mermoz a mis en place des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) composées de gynécologues, radiologues, infirmières, chirurgiens digestifs et urologues, encadrant des séquences d’évaluations sur le plan médical et chirurgical. La tenue de ces réunions en concertation avec d'autres spécialistes de la région lyonnaise (en dehors de l'établissement) permet une collaboration interprofessionnelle pour une prise de décision plus éclairée pour les cas complexes.

Pour compléter cet accompagnement multidisciplinaire et favoriser le bien-être des femmes atteintes de cette maladie, l’établissement lyonnais propose des soins de supports grâce au professionnalisme des kinésithérapeutes, des sophrologues, des assistantes sociales, des ostéopathes, des psychologues, et des diététiciennes.

« Notre force réside dans la qualité de notre prise en charge globale (urologie, digestif, radiologie, gynécologie) qui a l’avantage de se situer sur un même site. Nos patientes ont donc tous les savoir-faire à portée de main pour leur proposer le traitement le plus adapté et le plus innovant. Nous utiliserons dans un proche avenir l’Intelligence artificielle et la reconstruction 3D à l’imagerie pour détecter le stade de la maladie au plus juste » ajoute le Dr Nessah-Bousquet.

L’endométriose, une maladie de mieux en mieux diagnostiquée

Alors que cette maladie complexe qui touche près d’une femme sur dix a longtemps été incomprise, elle est aujourd’hui de plus en plus connue du grand public et des professionnels de santé (gynécologues, sage-femmes, médecins généralistes) et, de fait, mieux diagnostiquée.

« L’écoute des patientes est essentielle pour établir une relation de confiance, un meilleur diagnostic et proposer un traitement personnalisé qui les soulage, car il s’agit d’une pathologie qui peut s’avérer extrêmement douloureuse, handicapante au quotidien » conclut le chirurgien gynécologue.